Le portrait : Edna, fait briller le Cap-Vert
Edna de Oliveira Silva fait briller la culture cap-verdienne dans les assiettes comme sur scène avec le festival Kooltura. Pour la 2e année consécutive les plus belles voix de cette île bercée par le soleil sont à Nice. Vous avez l'occasion de plonger dans cette atmosphère samedi 2 mai au Théâtre de Verdure (infos).
Bio express
À l'âge de 10 ans, Edna est arrivée en France dans la grisaille de Roubaix (Nord) avec son père et ses frères. « Mon père travaillait à l'usine et moi, j'ai très vite arrêté l'école à 16 ans. Ma belle-mère voulait qu'on travaille, mais elle me disait que je n'arriverais jamais à rien », se souvient-elle. Battante, elle a fini par tracer son chemin. Aveuglée au début par cette soif de prouver d'abord aux autres, elle a fini par penser à elle. « Il fallait que je fasse d'abord les choses pour moi, des choses que j'aime. » En 1992, elle rejoint ses frères déjà installés à Nice. En 1993, elle se marie et fonde sa famille de 3 enfants : Jessy (33 ans), Alicia (29 ans) et Lenny (19 ans).
Le travail d'abord
« J'ai toujours travaillé dans la restauration et fait des ménages. J'ai appris le métier pendant 14 ans au sein de l'hôtel La Malmaison, boulevard Victor Hugo. Une famille formidable qui m'a prise sous son aile. Quand ils ont vendu, je savais que je devais tourner la page », rembobine Edna qui avait un autre rêve : « ouvrir mon propre restaurant ». Celui-ci est exaucé en 2024 avec Ô'Cap, une belle adresse nichée sur le port de Nice. Amarrés à quelques mètres, les pointus colorés lui rappellent son île et l'inspirent. En parallèle, Edna développe son entreprise de nettoyage. Elle aide à tour de bras. « Je veux donner une chance à tout le monde, mais elle se mérite. C'est très important pour moi ; quand on vous fait confiance, il ne faut jamais décevoir. Je veux préserver cela parce que dans la vie, rien n'est acquis », assure-t-elle.
Un festival de bonheur
Depuis la terrasse colorée de son restaurant, la bonne humeur attire les diplomates cap-verdiens en visite pour l'Unoc, comme les touristes. Les Niçois curieux deviennent des clients fidèles. Un jour, elle croise la route d'un chanteur cap-verdien qu'elle adore : Carlos Lopes. « Je lui ai fait part de mon 2e rêve. Celui de créer un grand festival à l'esprit familial avec des chanteurs pour les enfants, les jeunes et les adultes. Une grande communion bienveillante. On ne me prenait pas au sérieux », se souvient-elle. Mais Edna n'est pas du genre à lâcher et une première édition voit le jour en 2025. Samedi 2 mai, bien épaulée par ses amis bénévoles et des fidèles comme David Benaroche (Imago records), Paulo Tavares, ou encore l'institut Sublime Beauté et toute son équipe du restaurant, elle remet le couvert au théâtre de Verdure. Une tête d'affiche exceptionnelle est au rendez-vous : Nelson Freitas. « C'est un monument. Je n'y croyais pas. Mais je pense que tout le monde est séduit par l'âme de ce rendez-vous sincère et ouvert à tous. On lance aussi de jeunes artistes. La musique rassemble ». Une musique qu'elle aime écouter depuis son enfance. Matin, midi et soir.
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nice