À Rouen, Sophie Reulet expose ses « artéfacts » dans une nouvelle galerie
À Rouen, Sophie Reulet a ouvert sa propre galerie jeudi 28 mai. Elle y expose son travail dans une toute nouvelle exposition. Pour L'Essentiel, l'artiste a raconté la genèse de ce projet.
Comment est née l'idée d'ouvrir une galerie ?
« Je n'avais jamais été représentée au sein d'une galerie. Il y a environ trois ans, j'ai eu l'idée d'exposer moi-même mes œuvres. Je voulais avoir l'opportunité de présenter mon travail comme je le souhaitais. À mes yeux, le cadre d'exposition est aussi important que les œuvres. Si vous exposez un support éclairé, dégagé, il ne prend pas la même dimension que dans un environnement surchargé. C'est ainsi que j'ai trouvé cet endroit qui me semblait idéal pour ce projet. »
Quelle est l'essence de votre travail ?
« Je signe toujours mes œuvres par « Obs » pour « Official Bill Stealer » (voleuse officielle d'affiches, NDLR), un petit pied de nez à la loi « défense d'afficher ». On retrouve trois éléments essentiels dans mon travail. D'abord, les affiches, qui sont le matériau que j'utilise pour créer. Puis les thèmes de la temporalité et de l'anachronisme. Jusqu'à présent, je confrontais le passé et le présent en représentant des personnages anciens sur ce support contemporain qu'est l'affiche. Je suis arrivée au bout de cette idée et j'ai poussé le curseur très loin sur la frise chronologique. »
Qu'est-ce qui caractérise cette nouvelle exposition ?
« J'y parle du futur et du présent en imaginant des œuvres comme des vestiges de notre époque. J'imagine un archéologue du futur qui pourrait y voir l'essence de notre histoire contemporaine. Sur ces seize affiches que j'ai créées, je représente des fragments de personnages, des présences interrompues, à l'image des statues anciennes dont il manque toujours un morceau. La plus parlante est peut-être celle d'une jeune femme qui prend une photo avec son téléphone, et dont on aperçoit la manucure assez volumineuse. L'exposition s'appelle « Artéfact ». En archéologie, ce terme désigne une pièce fabriquée et modifiée par l'homme, qui permet à l'historien qui l'examine de caractériser son époque. »
Y aller : 46, rue d'Amiens, à Rouen. Ouvert les vendredis et samedis jusqu'au 18 juillet.
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