L'entretien : Marjorie Poitevin (LPO) pour compter les oiseaux
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) demande samedi et dimanche aux Français de compter les oiseaux dans leur jardin. L'animatrice de l'Observatoire des oiseaux des jardins de la ligue a répondu aux questions de l'Essentiel Strasbourg.
Quels sont vos conseils pour bien réaliser le comptage des oiseaux ?
« En hiver, surtout en Alsace, le matin est souvent trop froid et les oiseaux sont peu actifs. Je recommande donc de faire le comptage en fin de matinée ou en début d’après-midi, entre 10h30 et 15h. C’est à ce moment qu’ils sortent chercher leur nourriture, donc on en voit beaucoup plus. L’idéal est d’observer depuis l’intérieur, derrière une fenêtre donnant sur un espace dégagé. Cela permet à la fois de ne pas effrayer les oiseaux et de rester au chaud, car une heure dehors en plein hiver, c’est long ! »
« On peut aussi préparer un petit poste de nourrissage avec des graines de tournesol, idéales pour la plupart des espèces comme les mésanges, verdiers, pinsons… En revanche, il faut éviter les mélanges bas de gamme vendus en supermarché, souvent pauvres en éléments nutritifs. Pendant le comptage, on observe pendant une heure complète tous les oiseaux qui se posent. Pour chaque espèce, on ne retient que le nombre maximum d’individus vus en même temps : si on voit trois moineaux puis cinq, on note cinq au total. Cela évite de compter plusieurs fois les mêmes oiseaux. »
Peut-on participer si on n’a pas de jardin ?
« Oui ! Les participants peuvent s’installer sur un banc, sur une terrasse ou simplement à côté de leur fenêtre... L’essentiel est de rester au même endroit et de bien délimiter sa zone d’observation. Il faut compter uniquement les oiseaux qui se posent sur le sol, dans les arbres, les haies ou sur les toits, et ignorer ceux qu’on voit simplement voler au-dessus. On peut prévoir une boisson chaude, des jumelles si on en a, et un carnet pour noter les espèces au fur et à mesure. »
À quoi servent ces comptages pour la LPO et le Muséum national d’histoire naturelle ?
« Ces données sont essentielles pour mieux comprendre les comportements hivernaux des oiseaux communs. Comme elles proviennent de milliers de participants partout en France, elles permettent un suivi d’ensemble que les chercheurs ne pourraient pas réaliser seuls. On peut ainsi repérer quand une espèce se raréfie ou, au contraire, quand elle devient plus présente. »
« Chaque relevé, même partiel, compte. Et si l’on ne connaît pas toutes les espèces, ce n’est pas grave ! Le site de la LPO propose des fiches d’identification et des images comparatives pour éviter les confusions. Les participants peuvent aussi envoyer leurs photos pour obtenir de l’aide. Au-delà de la science, cette opération a une vocation pédagogique : elle sensibilise chacun à la biodiversité de proximité et montre qu’on peut agir simplement pour les oiseaux, en leur offrant un environnement accueillant tout au long de l’année. »
S'INFORMER : Tous les détails sont ici.
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