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Mercredi 17 septembre

L'entretien : Jérôme Fricker, cofondateur de Diabolo Poivre 🍽️

Rédigé par Sailesh Gya
La mise en place du dispositif a pris un an (Crédit : La Toast Family).

Le groupe strasbourgeois Diabolo Poivre, qui compte huit établissements* et près de 350 salariés, a mis en place un dispositif interne inédit pour lutter contre le harcèlement dans la restauration. Son cofondateur, Jérôme Fricker, revient sur la démarche engagée depuis 2024.

Concrètement, en quoi consiste le dispositif que vous avez mis en place ?

« On a mis en place trois outils. D’abord un "harcèlomètre" créé avec nos mots, ceux de la restauration, affiché dans tous nos établissements. Ensuite, une charte élaborée avec le cabinet Barthélémy Avocats, remise à chaque salarié. Enfin, des référents formés pour expliquer ce "harcèlomètre" et recueillir des témoignages, avec un protocole clair en cas de signalement. Et nous avons publié des vidéos sur notre site et les réseaux sociaux. »

Comment ce projet est-il né et pourquoi avoir associé vos équipes ?

« On s’est sentis prêts à affronter ce sujet sensible. Comme partout, il y avait des cas de sexisme, de harcèlement ou de petites phrases racistes. On avait besoin d’un protocole clair. On a fait appel à l’association Dis Bonjour Sale Pute pour travailler avec un panel d’employés. Ces réunions ont permis de créer un "harcèlomètre" adapté à la restauration et surtout de libérer la parole. »

Quels effets avez-vous observés ?

« En interne, beaucoup ont été fiers que leur entreprise ose affronter ce sujet. Cela a ouvert de nombreuses discussions et réglé de petits problèmes du quotidien. Depuis la mise en place, deux cas ont été sanctionnés et plusieurs situations désamorcées grâce aux référents. En externe, nous avons diffusé nos vidéos sur les réseaux sociaux pour montrer qu’il est possible d’agir. »

Souhaitez-vous que cette démarche fasse école ?

« Oui. Certaines grandes figures de la restauration estiment que le harcèlement n’est pas un problème, et ça nous a fait réagir. Mais afficher un outil sans formation ne sert à rien. Il faut un accompagnement, des débats et un vrai travail collectif. Nous espérons que cette initiative lancera un débat plus large dans la profession. »

* Tzatzi, Chère Amie, The Drunky Stork Social Club, Jeannette, Super Tonic, Bouillon Baratte, La corde à linge, 2 East Canteen et la Hache.

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