Une Sécurité sociale de l’alimentation en test à Strasbourg
l’Essentiel Strasbourg est allé à la rencontre de Léa Staraselski, coordinatrice de projet pour l’association Pour une Sécurité sociale de l’alimentation Alsace qui donne à vingt habitants du quartier de Koenigshoffen Est des bons d’achats de 100 euros par mois pour les aider dans leurs dépenses alimentaires durant un an.
En quoi consiste votre initiative ?
« Notre projet de micro-expérimentation de caisse alimentaire consiste à prendre en charge, sur un temps et un budget donnés, les dépenses liées à l’alimentation. Nous avons sélectionné des personnes issues du quartier de Koenigshoffen Est, qui répondent malheureusement à certains critères, car 40% des habitants du quartier vivent sous le seuil de pauvreté et 30% sont des familles monoparentales. En échange des bons d’achats, elles ont des temps obligatoires de réflexion et de formation autour du système alimentaire. »
D'où vient cette idée ?
« Cette expérimentation entre dans le cadre d’un projet de coopération territoriale autour d’une sécurité sociale de l’alimentation. Il y a deux aspects très importants. Le premier, le droit à l’alimentation, car on ne peut pas vivre sans manger, et manger correctement pour sa santé. Ensuite, il y a une volonté de sécuriser et reprendre le pouvoir sur les moyens de production, en favorisant le circuit court, et ainsi améliorer les conditions de vie des travailleurs. »
Quelle est la particularité de l’expérimentation à Koenigshoffen ?
« Un collectif d’habitants s’est récemment constitué pour créer un marché alimentaire dans le quartier, c’est une de leur demande depuis plus de vingt ans. Après discussion avec eux, l’association a décidé de les accompagner dans ce projet et de réglementer les bons d’achat à une utilisation exclusive sur ce marché. Les habitants choisissent ce qu’ils veulent, à part l’alcool. La viande rencontre un grand succès, ainsi que les légumes et les fruits. Cela va durer un an, mais les retours sont déjà très clairs : l’alimentation est plus variée et l’argent est reversé directement aux producteurs, en circuit court. »
S'INFORMER : Pour en savoir plus, rendez-vous ici.
Lire la dernière édition de l'Essentiel Strasbourg