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Mardi 9 décembre

L'exception concordataire en Alsace

Rédigé par Sailesh Gya
Le Concordat de 1801 régit la question de la laïcité en Alsace-Moselle (Crédit : S.G.).

La commémoration des 120 ans de la loi de 1905, qui traite de la laïcité, met en évidence la particularité du régime des cultes en vigueur dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle.

Les bases

  • Le principe de séparation des Églises et de l’État ne s’applique pas en Alsace et en Moselle.
  • Cette situation juridique résulte de l'annexion de cette zone géographique par l'Allemagne entre 1870 et 1918.
  • Le Parlement français a voté la loi de séparation  de l'État et de l'Église le 9 décembre 1905 alors que ces départements se trouvaient sous souveraineté allemande.
  • Le Concordat de 1801 et ses aménagements demeurent par conséquent en vigueur malgré le retour de ces territoires à la France après la Première Guerre mondiale.
  • La population locale a exprimé une vive opposition lorsque le président du Conseil Édouard Herriot a tenté d'introduire les lois laïques en 1924.
  • Le Conseil d'État a confirmé le maintien du régime concordataire par un avis rendu le 24 janvier 1925.

Concrètement

  • Un bureau spécialisé rattaché au ministère de l'Intérieur assure la gestion administrative des cultes depuis Strasbourg.
  • 1 150 représentants des cultes sont rémunérés par l’État en Alsace Moselle, selon les données du ministère de l’Intérieur transmises à l’Essentiel Strasbourg.
  • Le culte catholique regroupe les deux tiers de ces personnels.
  • Les salaires représentent un coût annuel de 35 millions d’euros, auquel s’ajoutent 17 millions d’euros pour les retraites.
  • Les écoles dispensent obligatoirement un enseignement religieux confessionnel distinct pour chaque culte reconnu.
  • Ce financement public concerne uniquement les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite.
  • L'enseignement primaire public déroge également au principe de laïcité car il reste soumis aux lois Falloux de 1850.
  • Les élèves et les enseignants peuvent toutefois demander une dispense de ces cours depuis 1936.

Avant de partir

  • Le droit local ne reconnaît pas officiellement le culte musulman à ce jour.
  • L'absence de reconnaissance légale prive cette religion des subventions étatiques accordées aux autres confessions.
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