Les colocations Lazare s’établissent en ville
Créée il y a 15 ans, l’association nationale Lazare propose des espaces partagés entre personnes sans domicile fixe et jeunes actifs. La rédaction de l’Essentiel Strasbourg est allée à la rencontre de Gratien Regnault, directeur de développement pour Lazare, alors que l’association est en recherche active de local pour s’implanter.
Pourquoi avoir choisi Strasbourg pour un nouveau projet de colocation ?
« Strasbourg sera la 17e maison Lazare de France qui a, comme les autres, vocation à faire cohabiter jeunes et personnes sans-abri. Une équipe locale s’est constituée rapidement, une des plus motivées que j’ai accompagnées. On a pris le temps de voir s’il y avait un besoin, pour être sûrs que le modèle était adapté. Après avoir rencontré plus d’une dizaine d’associations, on sait que Lazare sera une autre solution à la précarité, et qu’il y a déjà des personnes en demande. Strasbourg est également un vivier de jeunes actifs, on n’aura pas de mal à trouver des personnes intéressées. »
Après quel constat avez-vous lancé cette initiative ?
« On sait que les personnes sans abris souffrent du froid, de la faim, de l’inconfort matériel… Mais quand on les interroge, c’est la solitude qui leur pèse le plus, le manque de lien social et l’insécurité, surtout pour les femmes. Quand on dégringole, après un choc émotionnel ou une perte d’emploi, on perd confiance, on perd notre dignité, on a honte et le contact avec notre entourage peut se rompre. Pour les jeunes, on se rend compte qu’ils sortent de cette colocation grandis, ils ont mûri. Petit à petit, les personnes sans domicile fixe reprennent confiance, de l’autonomie, et on peut imaginer une réinsertion totale. »
De quoi avez-vous besoin pour vous implanter de façon pérenne à Strasbourg ?
« Le plus important est de trouver un local proche du centre-ville, car les personnes sans domicile fixe y ont déjà leurs habitudes, leurs amis, leurs commerçants... Les jeunes ont aussi besoin de lien social à l’extérieur des colocations, il faut un bon équilibre pour s’y sentir bien. En termes de superficie, cela dépendra des locaux disponibles, même si l’idéal reste une surface de 600m2, pour plusieurs T9, un T5 et des espaces communs. Pour les colocations, le prix du loyer est national, fixé à 320 euros par mois, charges comprises. Nous espérons pouvoir l’inaugurer rapidement, mais ne voulons pas nous précipiter. Et ce temps nous permet de nouer des liens avec la Ville et le tissu associatif. »
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