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Mardi 17 février

C'était un 17 février : l'inauguration de l'Aubette

Rédigé par S.G.
Les couleurs des murs, les lumières et les espaces géométriques rythment la salle du Ciné-bal imaginée par Theo Van Doesburg (Crédit : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons).

Le complexe de loisirs de la place Kléber était inauguré le 17 février 1928 avec ses nouveaux aménagements intérieurs conçus comme une œuvre d'art totale par un trio d'artistes d'avant-garde.

Quoi ? 

  • Les frères Paul et André Horn confient la direction artistique d'un projet ambitieux à Hans Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp et Theo Van Doesbur .
  • L'idée est de transformer le bâtiment de l'aile droite de l'Aubette, une ancienne caserne, en une salle des fêtes après plusieurs mois de travaux intensifs.
  • Ce lieu regroupe un café-brasserie, un restaurant, un salon de thé et plusieurs salles de spectacles sur quatre niveaux distincts.
  • Le bâtiment imaginé par les trois artistes devient un tableau en volume : le visiteur n’observe plus l’œuvre de l’extérieur, mais évolue directement à l’intérieur de la création.

Comment ?

  • L'organisation des espaces repose sur les principes du néoplasticisme et de l'élémentarisme qui privilégient les formes géométriques pures.
  • Fondateur du mouvement De Stijl aux côtés de Piet Mondrian, le Néerlandais Theo Van Doesburg a paré la salle de Ciné-bal de compositions obliques.
  • Ces touches de couleurs primaires viennent briser la rigueur rectangulaire de la grande salle pour lui insuffler du mouvement
  • Les murs et les plafonds disparaissent sous des aplats de jaune, de rouge et de bleu qui s'intègrent aux éléments architecturaux.
  • Un système d'éclairage innovant composé de plaques d'émail et d'ampoules nues complète ce dispositif visuel pour souligner les lignes de force du décor.

La toile de fond

  • Sophie Taeuber-Arp décline des nuances de gris et de rouge dans le Foyer-bar pour assurer une transition fluide entre les différents espaces de circulation.
  • À l'inverse, Hans Jean Arp opte pour des courbes d'inspiration biologique au sous-sol afin de créer une atmosphère plus organique dans le caveau-dancing.
  • La réalisation de ce complexe s'inscrit dans la volonté des avant-gardes européennes de lier l'art à la vie quotidienne de manière fonctionnelle.
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