Mardi 24 juin
Quelle est l’origine de la cité-jardin Ungemach à Strasbourg ?
Rédigé par S.G.
Les règles à respecter se sont assouplies avec le temps (Crédit : S.G.).
Les petites maisons situées au Wacken, à l'ombre du Parlement européen, forment une cité-jardin bâtie entre 1923 et 1928 par l’industriel Léon Ungemach.
On rembobine
- La cité repose sur un idéal nataliste formulé dès 1920 dans les statuts de la Fondation créée par Léon Ungemach.
- Elle est destinée à accueillir des couples « désireux d’avoir des enfants et de les élever dans de bonnes conditions d’hygiène et de moralité ».
- La sélection des résidents repose sur des critères stricts liés à l’âge, la santé et la composition familiale, indépendamment du statut social.
- La vie quotidienne, encadrée de façon rigoureuse, interdit par exemple le séchage du linge à l’extérieur, limite l’accueil d’invités à condition d’autorisation et impose une liste réglementée de végétaux dans les jardins.
- La présence d’animaux domestiques ou d’élevage est également proscrite.
L’autre côté
- Le fondateur, Léon Ungemach, industriel strasbourgeois actif dans l’alimentation, a créé cette cité pour échapper au fisc français, après avoir spéculé durant la Première Guerre mondiale à Strasbourg sous administration allemande.
- Il parvient à obtenir ce terrain de 12 ha pour un franc symbolique par an.
- En 1950, à l’issue du bail initial, la Ville de Strasbourg devient propriétaire des lieux.
- Des familles ont dû quitter la cité, leurs enfants ayant grandi et quitté le foyer, ce qui les rendait non conformes aux critères de la fondation.
- Stéphane Jonas, sociologue et professeur émérite, indique que dans les années 1980, un agent municipal notifiait encore leur départ aux familles dont les enfants avaient quitté le foyer, bien qu’aucune expulsion ne fût légalement possible.
- Réhabilitées entre 1997 et 2000 par Habitation Moderne, aujourd'hui intégrée au groupe EHMA, les 140 maisons disposent chacune d’un jardin privatif de 4 à 6 ares.
- Le roman Les Garçons de la cité-jardin (2021) de Dan Nisand s'inspire de ce passé singulier à travers les yeux d’enfants qui y ont grandi.
Abonnez-vous gratuitement
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Strasbourg