Lundi 16 mars
Un ver pour comprendre la douleur
Rédigé par Chloé Boudon
Une représentation des cellules neuronales (Crédit : Adobe Stock).
Intitulée « J’ai mal à mon ver : les planaires pour découvrir de nouveaux antidouleurs ? », la conférence d’aujourd’hui met en avant les travaux d’Hervé Cadiou sur la nociception, le processus biologique par lequel le système nerveux détecte un stimulus potentiellement douloureux.
Pour bien comprendre
- Hervé Cadiou, maître de conférences en neurosciences à l’Université de Strasbourg, intervient ce soir au Jardin des Sciences dans le cadre de La semaine du cerveau, événement national prenant place toute cette semaine.
- « L’objectif de cette conférence est de présenter nos travaux sur le ver planaire, ses particularités et comment il analyse son environnement pour se nourrir et se protéger », explique-t-il.
Zoom sur
- Mais ce qui intéresse vraiment le chercheur, c’est de savoir si ce ver aquatique est sensible à la nociception, le stimulus envoyé au cerveau pour détecter un danger ou une douleur.
- « Avec ces recherches que l’on mène depuis deux ans, on a pu remarquer que la planaire peut ressentir cette nociception, tout comme les humains, et peut ne plus la ressentir quand elle va être en contact avec de la morphine ou des antalgiques. On peut donc utiliser cette espèce pour découvrir des molécules antalgiques qui pourraient supprimer cette nociception », précise-t-il.
Pourquoi c’est important ?
- Avec cette conférence, Hervé Cadiou espère apporter un éclairage sur les recherches liées à la douleur, mais aussi sur la transformation progressive des expérimentations animales.
- « Le grand public ne se doute pas qu’il y a des recherches sur la compréhension de la douleur d’un point de vue évolutif », déclare-t-il.
- « La plupart des découvertes en neurosciences ont d’abord été faites chez les invertébrés. Les expérimentations sur les vertébrés sont très réglementées et ne se font que s’il n’y a aucune autre alternative. Ici, avec la planaire, c’est également l’occasion de montrer la diversité du vivant et comprendre comment ces animaux ont développé des stratégies pour s’adapter à leur environnement », indique Hervé Cadiou.
Y ALLER : Pour en savoir plus sur la conférence, sur les travaux d’Hervé Cadiou ou sur La semaine du cerveau, rendez-vous au Palais universitaire à 15h. Tous les détails sont ici.
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