Lundi 18 mai
L'espace coupe l'appétit
Rédigé par Chloé Boudon.
La majorité des astronautes perd du poids durant les missions (Crédit : Adobe Stock/Nasa).
La Conf’ du lundi de cette semaine prend de la hauteur : « De l’espace à l’assiette : l’impact de l’exercice physique sur l’appétit des astronautes ».
Ce qu'on sait
- Philippe St Martin, double doctorant en science de l’activité physique et de la nutrition entre le Canada et Strasbourg se rend ce lundi au Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg pour une conférence sur le thème de l’espace.
- « Les données nous montrent que les astronautes, en majorité, perdent du poids durant les missions spatiales. Pour contrer la perte de masse musculaire, ils font de l’exercice physique. Ceux qui s’entraînent beaucoup perdent en masse grasse, et ceux qui s’entraînent moins en gagnent. Ceux qui s’entraînent ne mangent donc pas assez, malgré la nourriture à disposition, et cela vient réveiller une vieille question de science : comment l’exercice vient réguler ou non nos besoins ? », explique Philippe St Martin.
Zoom sur
- Pour tenter de répondre à cette question et dans le cadre de sa thèse, Philippe St Martin s’appuie sur la simulation BRACE, à Toulouse, qui s’est tenue en 2024.
- « On a maintenu des participants sains et actifs alités pendant 60 jours. Ils étaient répartis en trois groupes : un groupe « contrôle » qui ne faisait rien, un autre qui s’entraînait six fois par semaine et un dernier qui menait ces entraînements dans une centrifugeuse », détaille Philippe St Martin.
- « On est encore en train de travailler sur les résultats. Ce qu’on peut dire, c’est que tous les participants ont démontré un moins grand désir de manger. L’objectif maintenant est de se demander pourquoi, malgré l’exercice, cette perte d’appétit apparaît. Pourquoi, quand on devient actif, le mécanisme qui doit nous permettre d’adapter notre alimentation le fait à un faible niveau ? », poursuit-il.
Pourquoi c’est important ?
- Même si la recherche spatiale est au centre de l’expérimentation, la question scientifique s’adresse également au grand public.
- « Du côté terrestre, c’est une question qu’on se pose depuis les années 50. Les personnes actives vont avoir un meilleur couplage des apports énergétiques et ceux qui se dépensent moins ont tendance à manger plus que leurs besoins. C’est toujours cette question de couplage entre appétit et dépense », déclare Philippe St Martin.
- « On doit être en mesure d’y répondre. Pour le moment, les explorations les plus longues durent en général 6 mois, c’est encore tenable au niveau de la santé. Mais quand on pense à la mission vers Mars, qui devrait durer trois ans, c’est une autre histoire », ajoute-t-il.
Y ALLER : Pour en savoir plus sur les recherches de Philippe St Martin ou pour participer à la conférence, rendez-vous ici.
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