Jeudi 3 juillet
Le prix Marcel Pagnol 2025 couronne un livre sur… la Bretagne 🥇
Plusieurs scènes de L’accident se passent dans l’église de Corps-Nuds, au sud-est de Rennes, connue pour le bulbe de son clocher néo-byzantin (crédit : Adobe Stock).
Le Prix Marcel Pagnol, qui récompense des récits liés à l’enfance et aux souvenirs de jeunesse, a été décerné à Jean-Paul Kauffmann pour son ouvrage L’Accident publié aux éditions des Équateurs.
Un reporter récompensé
- Le jury composé entre autres de Nicolas Pagnol, Michel De Jaeghere, Jean-Noël Pancrazi, Pascal Ory et Floryse Grimaud, la créatrice du Prix, a distingué fin juin un auteur dont le nom est familier du grand public : Jean-Paul Kauffmann.
- Cet ancien journaliste à l’AFP, au Matin puis à L’Événement du Jeudi a été retenu en otage au Liban entre 1985 et 1988, 3 ans en enfer avec juste ses souvenirs pour tenir le coup.
- De retour de captivité, il crée des revues L’Amateur de Cigares et L'amateur de Bordeaux puis publie de très nombreux livres souvent primés comme La Chambre noire de Longwood.
De tendres souvenirs d'enfance
- Dans L’Accident qu’il a publié en mars dernier, il raconte sa jeunesse en Bretagne auprès de ses parents, Marcel et Odette, qui tenaient la boulangerie d’un petit bourg appelé Corps-Nuds.
- Il décrit le monde rural des années 1950-1960 : les salles de classe, les cours de ferme, les églises et la vie simple des villages. Il a grandi auprès de son père avec les odeurs de pain, le crépitement des braises dans le four, le mouvement des mains qui pétrissent et la lumière des flammes.
- Ces réminiscences l’ont aidé à tenir dans les geôles obscures du Hezbollah. « J’ai eu une enfance heureuse. Ce fut une époque enchantée, radieuse et c’est cela qui m’a sauvé. Ce livre-là est un livre de gratitude. Je rembourse ma dette avec ce récit », confiait-il au moment de la sortie de son livre.
- S’il évoque régulièrement un drame qui a traumatisé son village, un tragique accident de la route qui a coûté la vie à 18 jeunes originaires de la commune après un match de foot, un épisode dont on ne parlait jamais, il a retenu, lui, la douceur de ces heures.
- « Ces premières années n’étaient qu’un vaste terrain de jeu… » raconte l’auteur qui a voulu écrire un livre joyeux. « J’ai compris que l’enfance n’était pas qu’une saison de la vie, une période fugitive et transitoire annonçant quelque été mais une grâce donnée de manière définitive, un territoire sauvegardé, solidement cadenassé, impossible à forcer. »
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