Jeudi 2 octobre
La vie rocambolesque de Cervantes au cinéma 🎬
C’est Julio Peña Fernandez, un jeune comédien et chanteur de 25 ans, originaire de San Sebastián, qui a été retenu pour incarner Miguel de Cervantès (Crédit : Lucia Faraig).
Le cinéaste Alejandro Amenábar signe Cervantes avant Don Quichotte, en salles depuis hier. Ce long métrage, consacré au célèbre auteur espagnol, n'atteint pas tous ses objectifs mais donne assurément envie de (re)découvrir son œuvre.
De quoi parle-t-on ?
- Le réalisateur de Tesis en 1996 et Mar Adentro, Oscar et Golden Globe du meilleur film étranger en 2004, s'est penché sur la vie d’une figure majeure de la littérature mondiale.
- Dans ce film, il raconte comment le jeune Miguel capturé par un corsaire en Méditerranée est vendu à 28 ans comme esclave du gouverneur de la régence d’Alger. À la manière de Shéhérazade dans Les contes des mille et une nuits, il ne survit dans ses geôles qu’en racontant jour après jour des histoires à son maître.
- Au fur et à mesure, il développe sa curiosité, son imagination et sa capacité d’écriture, des qualités qui lui serviront plus tard lorsqu’il rentrera en Espagne. On en retrouve des traces dans son théâtre La Vie à Alger, Les Bagnes d'Alger ou Le Récit du Captif.
- Le cinéaste qui était de passage à Paris la semaine dernière a travaillé 8 ans sur l’auteur de Don Quichotte. « J’ai été surpris qu’il n’y ait pratiquement aucun film de fiction sur sa vie alors qu’il a mené une existence rocambolesque, dont beaucoup d’aspects demeurent mystérieux » raconte-t-il.
Ce qu'on peut en retenir
- Si l’œuvre brille par la qualité des images du directeur de la photographie, Alex Catalan, par ses références aux héros de la Mancha et par la prestation de Julio Pena Fernandez qui incarne l’écrivain, elle pâtit de la faiblesse de son intrigue. Certains critiques regrettent qu’elle repose sur une supposée relation homosexuelle avec le gouverneur tombé sous le charme de ce conteur de génie et qu’elle s’appuie sur une Algérie fantasmée.
- Elle a néanmoins le mérite de mettre en lumière la vie cet auteur aussi fascinante que ses romans.
- Historiquement, Miguel de Cervantes, qui s’était illustré lors de la bataille de Lépante, a été capturé en 1575 par un corsaire albanais lors d’un trajet entre Naples et l’Espagne. Il a ensuite été acheté par le pacha Hassan Veneziano et il a passé cinq années en captivité à Alger avant d’être libéré en 1580 en échange d'une rançon réunie par des religieux.
Le regard du cinéaste
- Aux yeux d’Alejandro Aménabar, « cette expérience traumatique de captivité est fondamentale pour comprendre sa vocation et son œuvre future. Sa détention au cours de laquelle il a été soumis à toutes sortes de brimades et de privations a duré presque 5 ans. Et à son retour en Espagne, il commence à écrire frénétiquement.
- Ses premières œuvres théâtrales sont directement inspirées par cette expérience qui lui a permis d’entrer en contact avec la culture musulmane qui a nourri la construction de ses personnages, en les abordant dans toute leur complexité et leur humanité. »
- On retrouve des traces de cette expérience dans les quatre pièces qui composent le recueil Théâtre barbaresque, dont La Vie à Alger ou Les Bagnes d'Alger.
🎥 Pour découvrir la bande-annonce du film, c'est ici.
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