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Jeudi 18 décembre

Rencontre avec Lauren Easum, illustratrice et fondatrice d'Ex-Libris Paris

Rédigé par Camille Gho
Les ex-libris sont produits en quantités très limitées, ou sont même souvent uniques (crédit : CG).

Durant ses études à l'École du Louvre, Lauren Eamus ressent un désir profond de renouer avec la tradition familiale de la gravure. Aux côtés d'Igor Telinge, elle a co-fondé Ex-Libris Paris : une mine de cadeaux pour bibliophiles avisés ou en devenir. Rencontre.

Qu’est-ce qu’un ex-libris ?

« C'est une petite illustration, imprimée ou gravée, que l’on appose à l’intérieur de ses livres pour en indiquer la provenance. C’est à la fois une signature, un emblème, un marqueur d'appartenance symbolique, et souvent un reflet intime de la personnalité du lecteur. »

Quelle a été votre première rencontre avec cet objet ?

« J’ai grandi dans une famille où le livre occupait une place centrale. Ma mère est graveuse, et j’ai passé mon enfance dans son atelier, entourée d’odeurs d’encre, de matrices et de papiers. Les ex-libris faisaient partie du décor. Je crois que ma première rencontre remonte à mes 8 ou 9 ans : je feuilletais un livre ancien, et je suis tombée sur un petit blason collé au revers de la page de garde. Ma mère m’a expliqué l’histoire de ces marques de bibliophiles. C’est devenu pour moi un objet presque magique. »

Quel est votre rapport à la littérature ?

« Je lis depuis toujours. Les livres ont été une source d’apprentissage mais aussi un espace esthétique. Petite, je dessinais souvent en marge de mes lectures. Aujourd’hui encore, chaque création d’ex-libris est un dialogue avec le livre dans lequel il sera apposé. C’est une manière de prolonger le geste de lire. »

Comment imaginez-vous les designs ?

« Chaque ex-libris démarre par les inspirations de la personne qui souhaite le créer. Je prends note de sa vision, des passions, des souvenirs, ou de la symbolique d’un lieu. Je travaille ensuite au crayon, toujours à la main. Je pars d’une forme : généralement un blason, un médaillon, ou un cadre...
Ensuite, j'envoie ma proposition de dessin, et nous faisons des retouches avec le client jusqu'à obtenir une version finale. Chaque pièce est unique ! »

Comment se passe la fabrication ?

« Je dessine à la main toutes les illustrations, puis elles sont vectorisées pour permettre une gravure extrêmement fine. La gravure du tampon est réalisée individuellement, ce qui garantit la précision.
J’ai été formée au dessin d’art, à l’histoire de l’héraldique et aux techniques d’estampe, ce qui nourrit beaucoup mon approche. J’ai ensuite appris la partie technique de gravure et d’impression en développant l’atelier. »

🎁 Bonus : Lauren Eamus propose aussi des ex-libris sur semi-mesure en éditions (très) limitées. Retrouvez les sur internet, ou au Bon Marché.

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