Jeudi 12 février
Les Hauts de Hurle-Vent, une histoire d'amour ?
Rédigé par Camille Gho
L'œuvre d'Emily Brontë est entrée dans le domaine public en 2018 (crédits : Éditions de Fallois / Le livre de poche).
La sortie au cinéma "Hurlevent", film inspiré de l'un des récits les plus connus de la littérature britannique, suscite des réactions mitigées. Et pose une question : le roman originel d'Emily Brontë, publié en 1847, est il vraiment une histoire d'amour ?
De quoi cela parle
- Les Hauts de Hurle-Vent retracent la passion destructrice qui unit Heathcliff, enfant trouvé, adopté par les Earnshaw, et Catherine, sa sœur de cœur, sur la lande sauvage du Yorkshire.
- Humilié par Hindley, le fils de la famille Earnshaw, et trahi lorsque Catherine épouse le bourgeois Edgar Linton, Heathcliff revient riche, obsédé par la vengeance, et fait peser sa haine sur 2 générations.
👉 Le texte intégral (traduction de Frédéric Delebecque) est disponible sur Gallica.
Pourquoi ce n'est pas une love story
- Le lien entre Catherine et Heathcliff tient davantage de la fusion maladive que d’un sentiment réciproque et émancipateur.
- Leur passion engendre brutalité, manipulation et destruction sociale plutôt que tendresse ou souci de l’autre, Heathcliff allant jusqu’à maltraiter les enfants pour assouvir sa rancœur.
- Le roman traite ainsi la violence du désir, la haine et la vengeance dans un cadre que l'on qualifierait aujourd'hui de gothique, bien plus qu’il ne célèbre un couple romantique.
Dans la pop culture
- Les nombreuses adaptations au cinéma de cette histoire et les mentions qui en sont faites à travers séries et sagas pour jeunes adultes (Friends, Twilight) ou en musique (comme le tube éponyme de Kate Bush) ont participé à sa mythification.
- En choisissant de lire dans ce roman complexe seulement une histoire d'amour, on peut passer à côté de la dimension destructrice de la passion imaginée par Emily Brontë, qui a choisi d'en souligner sa violence.
- La réalisatrice Emerald Fennell éclipse cette dimension avec "Hurlevent" (les guillemets font partie du titre). Le film, qui sort cette semaine en salle, se revendique comme une « libre adaptation » et convoque un imaginaire érotique qui divise les lecteurs.
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