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Jeudi 19 février

Et la joie de vivre : la force de Gisèle Pelicot

Rédigé par Camille Gho
Judith Perrignon, à gauche, a aidé Gisèle Pelicot à formaliser son témoignage (crédit : Frédéric Stucin / Flammarion / Pascal Ito).

A peine plus d'un an après la conclusion de l'affaire des viols de Marzan, le récit très attendu de Gisèle Pelicot a été publié hier chez Flammarion. Rédigé avec l'aide de Judith Perrignon, il suscite de profondes réflexions sur la violence cachée des gens ordinaires. Et sur la résilience toujours possible.

Le contexte

  • De septembre à décembre 2024 à Avignon, Dominique Pelicot et 50 co-accusés ont été jugés pour des viols aggravés perpétrés durant 10 ans sur Gisèle Pelicot, droguée et filmée pendant les abus durant 10 ans.
  • Malgré les demandes des avocats des accusés, et un huis clos partiel initial ordonné pour la diffusion des vidéos (finalement levé par la cour), l'audience publique a permis d'exposer l'horreur dans tous ses détails.
  • En refusant le huis clos, Gisèle Pelicot a voulu, dit-elle, « faire changer la honte de camp » et briser le silence sur les violences sexuelles.

« Joie de vivre ? »

  • Publié chez Flammarion, ce récit co-écrit avec Judith Perrignon retrace son calvaire, depuis la découverte des viols en 2020 à sa victoire symbolique au tribunal.
  • Elle y explique son refus du huis clos : « Vingt ans plus tôt, je n'aurais peut-être pas osé ». Mais son âge mûr lui a donné la force d'affronter le public et les attaques.
  • L'ouvrage se lit comme un manifeste de résilience et de dignité, et s’inscrit dans la volonté de son auteure de mettre l’horreur en lumière. Il lui permet également de reprendre le contrôle sur son histoire.

Le rôle de Judith Perrignon

  • Judith Perrignon, journaliste et biographe, a tenu une place centrale dans la création de ce récit.
  • Experte en récits intimes mêlant personnel et collectif, elle a accompagné Gisèle Pelicot avec une plume ciselée, transformant le témoignage brut en réflexion sociétale puissante.
  • L'auteure excelle dans son travail à capter la voix des invisibles, structurant le chaos émotionnel en narration fluide et engagée, comme dans ses portraits d'exilés ou de figures historiques (elle est notamment publiée chez Grasset).
  • Ici, elle sublime la « joie de vivre » reconquise, faisant du livre (traduit en 22 langues) une suite littéraire au procès.

👉 Gisèle Pelicot, Et la joie de vivre, Flammarion, 320 p., 22,50 €.

🔎 Les premières pages sont à lire ici.

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