À l'École du Nord, des élèves aux parcours différents 🎭
Ce soir, les élèves comédiens et metteurs en scène de l'École du Nord présentent leurs projets de fin d'année à Lille. Qui sont ces jeunes artistes ? Rencontre avec 3 élèves : Mathilde NGasi, Prince Sadjo Barry et Marine Marçais Boyer.
"Le théâtre, c'était très loin de moi"
- Leur promo, baptisée Studio 8, compte 19 élèves. Mathilde, 25 ans et Prince, 30 ans, sont en section "Écriture, Dramaturgie, Mise en scène", Marine, 23 ans, est élève comédienne.
- L'une des valeurs de l'école, c'est qu'elle s'attache à recruter des profils au parcours différent.
- Prince, par exemple, a eu une vie avant le théâtre : "J'étais dans la fonction publique et pendant le Covid-19, j'ai eu un gros moment de réflexion sur ce que je voulais faire et le théâtre est apparu."
- "L'École du Nord, c'est une école qui prend des personnes qui ne font pas du théâtre depuis toujours", explique Mathilde, élève metteuse en scène. "J'ai découvert le théâtre à la fac, j'avais 20 ans. Je ne connaissais pas ce milieu. C'était très loin de moi ! Et on m'a donné la chance d'accéder à cette école et à cette formation. Cette diversité dans nos parcours, ça va permettre à ce que le paysage culturel et théâtral devienne différent et plus représentatif."
"Une vraie horizontalité"
- Les écoles qui disposent d'une section mise en scène sont rares en France.
- Pour leurs projets de fin d'année, à l'École du Nord, les élèves metteurs en scène dirigent donc leurs camarades élèves comédiens.
- Ces conditions de travail sont extrêmement précieuses, juge Marine, comédienne : "Quand tu es comédien, si t'as la chance de bosser, c'est souvent avec des metteurs ou metteuses en scène plus âgés, qui ont des visions différentes sur plein de choses. Mais là, (dans ces projets de fin d'année - N.D.L.R.), il y a une vraie horizontalité qui se crée, avec des gens avec qui t'as un langage très commun."
- Effectivement, pendant l'entretien, on sent une complicité évidente.
"Certaines paroles doivent être dites par les personnes concernées"
- Dans cette école, il y a une volonté de refléter la société dans son absolue diversité. Ce n'est même pas une volonté, c'est une évidence, résume Marine : "Aujourd'hui, certaines paroles doivent être dites par les personnes concernées et pas par n'importe qui. En 2026, monter Othello avec un mec blanc, ce ne serait pas du tout cohérent !"
- L'année prochaine va être riche : les élèves vont partir à Québec, travailler avec l'Opéra de Rouen, reprendre leur pièce 15 Trump en colère se noyant dans leur propre merde et travailler sur les Métamorphoses d'Ovide.


