Sclérose en plaques, où en est-on ? 👨⚕️
À l’occasion de la journée mondiale de la sclérose en plaques, les chercheurs de l’Inserm et les neurologues du CHU de Nantes animent aujourd’hui un temps d’échange sur les nouveautés en lien avec la maladie.
De quoi parle-t-on ?
- La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux. « Ce n’est pas une maladie du cerveau. Ce sont les cellules du système immunitaire qui l’attaquent », précise David Laplaud, neurologue au CHU de Nantes, à la tête d’une unité de recherche à l’Inserm sur la maladie.
- En France, en 2022, 126 000 personnes étaient soignées pour une sclérose en plaques, dont 72 % de femmes et 28 % d'hommes, selon le site de l’assurance maladie. « Ce sont surtout les femmes qui sont touchées. Il faut compter deux femmes pour un homme environ. On pense que cela serait lié aux facteurs hormonaux », poursuit le spécialiste.
- Pour preuve, la maladie apparaît le plus souvent après la puberté, entre 15 ans et 30 ans. « Ce sont des cas exceptionnels à plus de 55 ans. » Aujourd’hui, le CHU de Nantes suit de manière quotidienne plus de 2 000 patients.
Les symptômes et facteurs de risque
- La maladie donne lieu à des symptômes neurologiques divers qui évoluent en fonction de l’atteinte inflammatoire et des lésions neurologiques, selon David Laplaud. « Ce sont le plus souvent des troubles visuels, sensitifs, moteurs, ou encore des troubles de l’équilibre. »
- La sclérose en plaques peut se manifester par poussées. « Le patient présente des signes cliniques. Ils vont récupérer naturellement ou grâce à un traitement à base de cortisone. Au début, le patient récupère, puis il va présenter d’autres manifestations qui vont progressivement laisser des séquelles, pouvant déboucher sur un handicap sur le long terme. »
- Les causes exactes de la sclérose en plaques restent inconnues à ce jour. Néanmoins, plusieurs facteurs favorisent son développement, comme le manque d’ensoleillement. « Réduire sa carence en vitamine D diminue de 30 % le risque d’apparition de la maladie. »
- Le tabagisme favorise également son développement. Le facteur génétique joue aussi un rôle. « Il y a des gènes associés à la maladie. Si un de vos parents a la sclérose en plaques, vous avez 5 % de chance de l’avoir. »
- Enfin, les personnes atteintes du virus d’Epstein Barr de la mononucléose infectieuse peuvent développer la maladie, en raison « d’un mauvais contrôle du virus par notre système immunitaire. »
Quelles avancées ?
- Des recherches sont actuellement en cours sur le rôle du microbiote salivaire dans le développement de la maladie.
- « Les personnes atteintes de la sclérose en plaques n’ont pas le même microbiote que ceux qui ne sont pas touchés par la maladie. Est-ce une cause ou une conséquence, peut-être les deux ? Cela fait partie de nos réflexions à ce jour. »
- Côté traitement, des progrès ont été réalisés. « On peut contrôler la maladie et l’empêcher d’évoluer, si elle est prise en charge à temps. D’ailleurs, les patients suivis pour une sclérose en plaques ont moins de risques de complications en vieillissant, en cas de cancer par exemple, car ils sont très bien suivis. »
S’y rendre : de 15 h 30 à 19 h, au Mercure Hôtel à la Gare de Nantes au 50/51 quai de Malakoff. Gratuit.


