Jeudi 4 juin
Au temps de la dynastie des Trencavel
Rédigé par Mathieu Arnal
Un cartulaire est un manuscrit évoquant des titres et les biens de grandes familles (crédit photo : DR ).
Hélène Débax, professeure d’histoire médiévale à l’université Toulouse Jean-Jaurès, a consacré l’essentiel de ses recherches à l’histoire médiévale du sud du royaume de France, entre les Xe et XIIIe siècles. Ce soir, à 18h, elle donne une conférence sur le cartulaire des Trencavel aux Archives départementales.
QU’EST-CE QU’UN CARTULAIRE ?
- « Le terme cartulaire est issu du latin médiéval chartularium qui signifie recueil d’actes. C’est un livre manuscrit établi par une personne physique ou morale, qui transcrit ou fait transcrire intégralement ou parfois en extraits, des titres relatifs à ses biens et à ses droits et des documents concernant son histoire ou son administration. »
- « La plupart des cartulaires qui nous sont parvenus proviennent d'institutions ecclésiastiques, généralement des abbayes ou des cathédrales. Il existe cependant de beaux exemples de cartulaires laïcs à l’image du Liber Instrumentorum vicecomitalium élaboré sur l’ordre des Trencavel, famille issue de lieutenants des comtes de Toulouse du Xe siècle, qui règnent à leur apogée (fin XIe-début XIIIe) sur les vicomtés de Carcassonne, Razès (actuelle Rennes-le-Château dans l’Aude), Albi, Béziers, Agde et Nîmes. »
QUELLE EST LA PARTICULARITÉ DE CELUI DES TRENCAVEL ?
- « C’est sans doute le plus ancien cartulaire laïc de l’Occident médiéval puisqu’il est antérieur au Liber Instrumentorum memorialium, qui contient les actes des Guilhem, les seigneurs de Montpellier et au Liber feudorum maior des comtes de Barcelone. »
- « Il a été compilé en deux temps, vers 1186-1188 puis vers 1203-1206, à l’initiative de Roger II Trencavel puis de son fils Raimond Roger. Il ne comporte pas de préface ou de prologue qui en explicite les motivations, se présente simplement comme une série de transcriptions de chartes, sans classement ni hiérarchie.
- « C’est néanmoins un document de prestige, grâce auquel Roger II veut affirmer ses droits et marquer sa place de prince de premier rang, ce qu’il est incontestablement dans les années 1180 ».
COMMENT EST-IL COMPOSÉ ?
- « Composé de 260 folios, le cartulaire comprend 586 actes échelonnés de l’an mille jusqu’au début du XIIIe siècle.
- « Les textes sont rédigés en latin ou en occitan, et certains d’entre eux présentent une alternance entre les deux langues. La typologie de ces actes en fait une source de premier ordre sur la société laïque et ses rouages.
- « On y retrouve 282 serments, 40 sécurités, 82 inféodations, 55 accords, essentiellement des règlements de conflits entre puissances féodales. J’ai édité l’intégralité du cartulaire, l’an passé, en juillet 2025, dans la collection « Documents inédits de l’histoire de France » du Comité des travaux historiques et scientifiques de l’École nationale des chartes. »
Abonnez-vous gratuitement
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Toulouse