Jeudi 25 juin
Au temps du Front populaire
Rédigé par Mathieu Arnal
Illustration d’une des nombreuses grèves durant l’avènement du Front populaire, en mai-juin 1936 (crédit photo : © BNF ).
Les historiens Olivier Loubes et Jean Vigreux animent, dans le cadre du 90e anniversaire du Front populaire, une conférence, puis un ciné-débat.
ON REMBOBINE
- Suite aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, une coalition politique de gauche composée de la SFIO (149 sièges), du Parti radical (115) et du Parti communiste (72) arrive au pouvoir sous le nom de « Front populaire ».
- Entre juin 1936 et avril 1938, elle donne naissance à quatre gouvernements. Le premier est dirigé par Léon Blum, le leader socialiste, les deux suivants par le radical Camille Chautemps, puis à nouveau par Blum.
- S’appuyant sur les accords de Matignon, la présidence du Conseil de Léon Blum instaure en mai-juin 1936, la création de conventions collectives, le passage de la durée du travail à la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés.
À TOULOUSE
- Le jour du 1er mai, une première grève éclate à Toulouse, dans les services publics, à la Poudrerie, à l’Arsenal, à la Manufacture des Tabacs, chez Latécoère et Dewoitine, dans les secteurs de la métallurgie et du bâtiment, chez Amouroux, Job, Soler, Monoprix, Printafix et les grands magasins, atteignant même de nombreuses petites entreprises.
- Le 11 mai, en réaction au licenciement de trois ouvriers par la direction de Latécoère, plus de 500 travailleurs participent à une réunion à la Bourse du travail et votent la « grève sur le tas » qu’ils appliquent deux jours plus tard.
- Le maire de la ville Antoine Ellen-Prévot joue les intermédiaires. Mais la contestation gagne de nouveau, le 27 mai, cette fois les usines Dewoitine. La grève dure deux jours.
- À partir du 3 juin, les succursales de Renault et Citroën sont paralysées et les 1 200 traminots occupent, à leur tour, les dépôts durant cinq jours, avant que les mêmes bases revendicatives ne se propagent aux établissements métallurgiques.
- Ces grèves sont aussi l’occasion d’assister à des initiatives culturelles, comme la naissance de « La Chorale des Métallos » dont le répertoire est majoritairement composé de chansons occitanes.
AU PROGRAMME
- Les historiens Olivier Loubes (spécialiste de Jean Zay et du festival de Cannes) et Jean Vigreux (spécialiste du Front populaire) reviennent, lors d’une conférence donnée à 17h au musée départemental de la Résistance et de la Déportation, sur les enjeux sociaux, culturels et politiques du Front populaire.
- La soirée se poursuivra, à 20h30, à la Cinémathèque avec la projection de La vie est à nous de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois. Le film, tourné à l’initiative du Parti communiste pour la campagne électorale du Front populaire, est constitué de documents et de scènes de fiction relatant des événements pris dans la réalité quotidienne de la classe ouvrière, de la paysannerie et de la bourgeoisie de l’époque.
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