Paul Seixas, le Lyonnais dans la roue des plus grands
À quelques jours du Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Critérium du Dauphiné) et à un mois de son premier Tour de France, le jeune Rhodanien s’avance comme l’un des visages les plus attendus du cyclisme français.
Le gone de la Tête d’Or
Avant les classiques et les podiums mondiaux, il y a un enfant discret qui découvre le vélo au Lyon Sprint Évolution au vélodrome de la Tête d’Or. Né dans le 7ᵉ arrondissement, Paul Seixas grandit dans une famille de karatékas.
Ses parents ne l’imaginent pas forcément sur un vélo. « Au moment de choisir un sport, vers mes 8 ans, j’ai dû insister pour qu’on me laisse faire du vélo », raconte-t-il. « Je n’ai pas vraiment de souvenirs précis de cette période, j’étais trop jeune, mais tout le monde disait de moi que j’étais dans mes pensées, que ce soit au vélo ou à l’école », plaisante-t-il.
Comme pour beaucoup de cyclistes en herbe, c’est devant la télé que l’ambition est née : « Je regardais énormément de courses. J’aimais comprendre comment elles se gagnaient et j’appliquais ça à l’entraînement. »
Le Lyon de Paul
En 2019, sa famille s’installe à Anse. Les routes vallonnées du Beaujolais deviennent son terrain de jeu. C’est là qu’il forge une partie de ses qualités de grimpeur, loin des centres d’entraînement ultramodernes.
Malgré son ascension fulgurante, il continue de mener une vie qui ressemble encore à celle d’un étudiant. Inscrit à l’EM Lyon, il suit un cursus aménagé en parallèle de sa carrière. « J’ai envie de réussir dans le vélo, mais aussi dans mes études », insiste-t-il.
« Jusqu’à très récemment, j’avais un quotidien plutôt lambda. Je sortais en ville, j’allais aux matchs de l’OL », décrit-il. « Dorénavant mon esprit se concentre sur les courses, mais j’espère ne jamais perdre ça. »
Les pieds sur terre
Cette saison, Paul Seixas a changé de dimension. Vainqueur du Tour du Pays basque et de la Flèche wallonne, 2ᵉ des Strade Bianche et de Liège-Bastogne-Liège derrière Tadej Pogačar, il fait déjà partie des meilleurs coureurs du monde à seulement 19 ans.
Pourtant, l’emballement semble glisser sur lui. « Je me concentre sur ce que j’ai envie de devenir », répète-t-il. Lorsque son équipe a officialisé sa participation au Tour de France 2026, ce n’est pas devant les caméras mais auprès de ses grands-parents. Une scène à son image.
Le rêve est immense. « Gagner le Tour de France, c’est ce qui m’a donné envie de ne pas me fixer de limites », confie-t-il. Mais avant de viser Paris, le prodige lyonnais passera d’abord par les routes du Dauphiné à partir de dimanche, là où les plus grands viennent chaque année prendre leur élan.
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